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Koreen Johannessen, chercheuse en science du comportement à l’université de l’Arizona mène des recherches en septembre 2001 sur le principe d’ignorance pluraliste. D’abord salariée au service de santé mentale de l’université de l’Arizona pour aider les étudiants à sortir de la dépression et de la consommation d’alcool ou de drogues, elle constate que le problème doit se traiter plus en amont. Elle décide donc de rejoindre le service de diffusion d’informations sur la santé. En d’autres termes, le service de prévention. Malheureusement, malgré tous ses efforts pour diminuer la consommation d’alcool au sein du campus, le nombre de jeunes subissant des blessures suite à une consommation excessive d’alcool ne diminue pas. On comptabilise à l’époque 600 000 blessés par an et plus de 1 800 décès.

Le principe d’ignorance pluraliste

Koreen lance une étude auprès des étudiants pour recueillir leur perception au sujet des beuveries récurrentes qui animent le campus. A sa grande surprise, la plupart exprime un dégoût à leur sujet. Pourquoi alors les étudiants boivent-ils autant s’ils n’aiment pas vraiment cela ? Parce que le comportement est public et les pensées sont privées. C’est ce que l’on nomme l’ignorance pluraliste. La plupart des membres d’un groupe rejettent intérieurement une norme tout en supposant à tort que les autres l’acceptent de part leur comportement. 

Ce principe est vérifié par les recherches en 2008 de Blake McShane, chercheur en science du comprotement de la Northwestern university, Eric Bradlow de l’University of Pensylvannia et Jonah Berger professeur à Wharton. Ils mettent en avant le fait que l’achat d’une nouvelle voiture incite les voisins à en faire de même. Près d’un huitième des voitures sont achetées pour des motifs d’influence sociale. De plus, ils mettent en avant que ce principe est d’autant plus vrai dans des villes où l’on se déplace d’avantage en voiture comme à Los Angeles. Mais également dans des villes où il fait plus beau et où l’on peut plus facilement admirer ces dernières. A Seattle où il pleut souvent les corrélations sont moins fortes qu’à Miami où le Soleil fait briller la carrosserie des véhicules.

La solution

Koreen Johannessen eut alors l’idée de rendre l’invisible visible. Pour ce faire, elle publie dans le journal officiel de l’université le message suivant. La plupart des étudiants ne boivent que deux verres et 69% d’entre eux pas plus de quatre. Cette fois-ci aucune mention aux dangers liés à l’alcool et pourtant la consommation diminue de 30%.

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